Le 30 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté, pour la troisième fois, la loi créant un droit à « l’aide à mourir ». Derrière le mot, une réalité que cette émission regarde en face.
Sur le certificat de décès d’un patient à qui l’on vient d’injecter un poison, le médecin devra désormais inscrire « mort naturelle ». Ce n’est pas une maladresse de rédaction : c’est une méthode. Le même euphémisme, à quatre-vingts ans d’écart, qu’un sinistre précédent de 1939 nommait déjà « mort miséricordieuse ».
Je pars de la parole du médecin et député Philippe Juvin, qui a lu le texte ligne à ligne : les garde-fous — l’avis d’un psychiatre, du médecin traitant, le regard d’un juge, la protection du majeur sous tutelle — n’ont pas été oubliés. Ils ont été proposés, puis refusés, un par un. Et pendant qu’on refuse aux Petites Sœurs des Pauvres le droit de ne pas pratiquer la mort dans leurs murs, on reçoit officiellement le Grand Orient venu réclamer le vote.
Je veux être clair : je ne m’oppose pas par principe à la liberté de mourir — la Suisse la pratique de longue date. Mais ce texte ne protège pas le lucide : il fabrique le consentement de l’abandonné.
Aux Pays-Bas, une femme de vingt-neuf ans, en bonne santé physique, a été euthanasiée pour souffrance psychique ; au Canada, un sans-abri a demandé la mort faute de logement, puis s’est rétracté dès qu’on lui a trouvé un toit.
Quand les mots ne tiennent plus, c’est l’esprit qui perd pied. Ce sera tout propos de ma série de l’été, « Comment rester sain d’esprit dans un monde qui devient fou ? »
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