Le 25 janvier 2021, Anthony Fauci écrit à Rochelle Walensky, directrice des Centres américains de contrôle des maladies, et à Vivek Murthy, le plus haut responsable fédéral de la santé publique. Beaucoup de personnes présentent un orage cytokinique et de la fièvre après la seconde dose ; cela pourrait théoriquement être associé à une fausse couche au premier trimestre. Walensky en convient. Dans les semaines qui suivent, la même administration déclare publiquement qu’il n’y a pas de mauvais moment pour se faire vacciner enceinte, et que c’est absolument sûr. Ce message a été rendu public le 10 août dernier. Il vient d’une séquence de dix-sept jours dont la presse francophone n’a presque rien dit : mille cent quarante et une pages du journal personnel de Fauci rendues publiques, cent onze invocations du Cinquième amendement devant une commission du Sénat, un vote d’outrage au Congrès, trois procureurs généraux d’État qui ouvrent des enquêtes, et trente-quatre mille messages saisis sur son téléphone de service. Nous ne découvrons pas grand-chose. Nous savons depuis cinq ans comment cette pandémie a été gérée, et nous nous sommes fait traiter pour l’avoir dit. Ce qui a changé, c’est que ce n’est plus ce que nous savons : c’est ce qui est écrit, daté, signé, et versé au dossier d’une commission sénatoriale. Cette première partie suit un seul fil, et il est physique. Ce qui se disait en privé, et ce qui se disait au public, sur les trois décisions qui ont touché des corps : celui des femmes enceintes, celui des vaccinés, celui des enfants. Puis la manière dont le silence a été obtenu, en quatre courriels, du 31 janvier 2020 au 8 octobre de la même année. Et enfin l’homme lui-même, tel que son journal le donne à voir. Deuxième partie demain : le renversement de l’Organisation mondiale de la santé, le réseau qui l’a rendu possible, et une lettre écrite à Genève en juin 2015.
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